Des desserts pas très catholiques

Pétrissez-moi mon père parce que j’ai péché…

« Taillez-moi les hanches à la hache

J’ai trop mangé de chocolat »*

Me voilà, avec entre les mains, un livre.

 livre-dessert

Je le regarde, j’ai du violet plein les yeux, couleur de la repentance pour les luthériens, couleur de la pénitence selon le rite romain du concile de Trente à Vatican II ou couleur de la mort selon les prescriptions actuelles du missel romain.

Ce violet là m’attire moi et en plus il brille légèrement par la couleur de son titre rosé pétillant. Il me plait déjà, à croquer rien qu’à le regarder… authentique objet du péché !

Oublie la grâce divine et succombe au doux péché de la lecture gourmande de « Des desserts pas très catholiques » de Prosper Codaque aux Éditions de l’Épure.

Des desserts pas très catholiques

Ce livre te montre comme il est difficile de résister aux tentations de bouche. Il est malin et diablement efficace.

Il met en scène les péchés mortels des bonnes sœurs et des bons curés que l’église abrite.

Tu croiseras ainsi dans l’ombre sucrée d’un dessert bien béni, un parricide, un Dom Juan, un cambrioleur, un empoisonneur, un pyromane… C’est à travers l’histoire de ces déviants gourmands que l’auteur nous confesse leurs recettes sucrées.

Des desserts pas très catholiques

Oseras-tu croquer la nonnette empoisonnée de Sœur Patricia Petrova ?

Te risqueras-tu à caresser la Veuve Noire et récolter les baisers chocolat des sœurs Poissons ?

Succomberas-tu au fondant aphrodisiaque de Sœur Josepha ?

Si Dieu a un plan pour chacun de nous, ses serviteurs auront les maux de la faim !

En ce que me concerne, je m’en vais faire de ma bible cet ouvrage et vous sermonnerai de quelques desserts testés !

Prosper Codaque, auteur, photographe/plasticien

– « Des desserts pas très catholiques », Éditions de l’Épure, 2013

– « L’Album du chat – Comment épater son chat ou les exercices et pirouettes de séduction pour mater son matou » (recettes de sushi pour chats), Tana Éditions, 2004

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– Sous le nom de Nino Cavallo, « Les truands se mettent à table » aux Éditions Fizzi, 2007

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– Expo Galerie Art & Architecture Paris, « Les boulettes de vie »

*"La femme chocolat" d’Olivia Ruiz
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Leçon d’effeuillage ou comment nourrir chaudement son esprit et son corps…

Voilà du croustillant enfin !

Octavie Delvaux auteure de Sex in the kitchen

Octavie Delvaux auteure de Sex in the kitchen

Quand la cuisine a de l’humour, tu ris et tu finis dans son lit. Octavie Delvaux, auteure trentenaire au sex appeal détonnant, te le prouve en dévoilant le meilleur de sa p’tite cuisine de diablesse dans un livre aux recettes pour bêtes de sexe.

Me voilà l’objet en main

Habillé d’une couverture rose cochonne, il affiche un titre aguicheur et prometteur.

Premère et quatrième de couverture : Sex in the kitchen

Premère et quatrième de couverture : Sex in the kitchen

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, rendez-vous dans la cuisine pour une leçon coquine et vibrante.

*Note pour ceux et celles qui n’ont jamais mis un pied dans une cuisine :
 
La cuisine c’est là qu’on trouve des Hottes, des fours à chaleur tournante, des frigid’ bien garnis, des placards à poêle, des fouets et de bonnes ficelles…

Voilà convaincus ?

Sex in the kitchen c’est donc un livre, un roman qui vous sert sur un plateau un « croque-monsieur à la cosaque », une « crème renversée sur lit de passion » ou encore une « escapade gourmande autour du fruit défendu » et tout ça « avec de vraies scènes de sexe à l’intérieur » (c’est écrit sur le livre, j’vous jure).

Le pitch

« Charlotte, jolie brune de vingt-huit ans, partage ses journées entre son boulot répétitif de maquettiste, sa passion pour les recettes bios et son blog culinaire qui cartonne. Seule ombre au tableau : sa vie de couple soporifique. Intriguée par les aventures sexuelles de ses deux meilleures copines, Morgane, la fashionista nymphomane, et Déborah, la dominatrice-orthophoniste, Charlotte rêve secrètement d’ébats plus pimentés…»

Et si vous ne voulez toujours pas cuisiner, allez tout de même faire un tour dans votre cuisine…

Et pour boire ? des vins porno pour la Saint Gonzo… what else !!

– Le point G d’Embres et Castelmaure

« You Fuck My Wine ? »

« Gama-Sutra »

« J’en veux ! »

Sex in the kitchen, Octavie Delvaux, La Musardine, Décembre 2012, 15 €

Recettes de vendangeurs par Isabelle Guichard

Un livre* pour manger, humer, boire, apprendre. Une corne d’abondance pleine de recettes festives pour 10, 20, 30 personnes ! Une inspiration sincère pour organiser un banquet digne de Trimalcion.

Les pieds dans le plats, la main à la pâte, le nez dans l’bouquin, c’est comme vous voulez !

Au commencement : C’est pas sorcier !

Le domaine de la Guicharde, c’est là qu’Isabelle et Arnaud, son mari, ont posé leurs sacs en 1988. Depuis peu, il entame une conversion en bio-dynamie. Au rythme du Calendrier des semis de feu Maria Thun, élève de Steiner, ils prennent soin des feuilles de vignes, des fleurs et des racines. Evitant les nœuds (lunaires), ils vinifient, et au détour d’un jolie mois de mai, ne vous effrayez pas d’apercevoir tôt le matin, à l’orée d’une longue allée, Isabelle en train de « ramasser (…) des brassées d’orties (…) cueillir ces fleurs urticantes à souhait… »

Au milieu de leurs vignes, ils ont retroussé leurs manches et vendangé à la main. Seulement,  ramasser le raisin à 4 mains, ça vous brise les reins. C’est alors qu’en chemin, ils ont ramassé quelques « gouailleurs, poissards, fêtards… »… des vendangeurs saisonniers quoi !

Et c’est qu’un vendangeur, ça mange et 20 vendangeurs ça mangent grave ! Il fallait les nourrir, bien les nourrir pour qu’ils travaillent bien et « qu’ils ramassent le fruit d’une année de labeur dans la joie plutôt que dans l’ennui (…) Et qui sait ? Cette énergie futile mais positive apportera peut-être un petit plus aux cuvées qu’Arnaud vinifiera en plus ».

C’est qu’Isabelle nous les traite comme des coqs en pâte, ses invités/travailleurs. Elle a compris que le bon vin vient en mangeant et que les bonnes tables viennent en partageant

Alors elle partage avec eux des recettes écrites au dos de leur bulletin de paie, et maintenant elle partage avec nous ces moments chaleureux et qui ont de la gueule !

A table !

A vous de piocher dans ce grimoire de recettes familiales, conviviales, du terroir et tout droit sorties des placards de sa mère, de son amie Michèle et de sa nièce Bernadette. Appréciez une terrine enfantine, une mousse calorique venue de la mer, le potage silencieux, les secrets d’une bonne salade, les avocat de Nathalie, un poisson qui rend intelligent, un voyage au 1er siècle avant J-C.

Un livre de recettes avec du cœur, des tripes, de l’amour même en dehors du prés !

Recettes de vendangeurs, Isabelle Guichard, éd. Rouergue, août 2012, 18 €

*Les photos sont extraites du livre

A table with Rachel Khoo

*The little Paris Kitchen

Photo du site thelittlekitchen

Lady Khoo nous a invité à la maison pendant des mois et a ainsi inventé le concept d’appart’resto car c’était à sa table, dans son appartement de Belleville à Paris qu’elle vous préparait des chefs d’œuvres

Photo du site thelittlepariskitchen

Photo du site thelittlekitchen

Aujourd’hui, vous pouvez vous faire plaisir en la regardant nous proposer si joliment sa Petite cuisine de Paris* dans son émission de télé.

Ou encore en lisant, que dis-je en vous léchant les babines avec ses mille feuilles :

(Je fais) Mes pâtes à tartiner aux Editions Marabout

Barres de céréales, muesli et granola maison aux Editions Marabout

The Little Paris Kitchen: Classic French recipes with a fresh and fun approach Editeur Michael Joseph

 Et si vous voulez passer une journée avec Miss Khoo. Elle adore l’a fait… mais vous ne la trouverez jamais aussi inspirée que dans sa cuisine 😉

Photo de thelittlepariskitchen

Photo de thelittlepariskitchen

Le canard déchainé

Enfant j’adorais me livrer à un jeu au nom des plus étonnants : les cadavres exquis.

Dans la pratique, mon instituteur nous apprenait la grammaire, j’écrivais un sujet, mon voisin un verbe, et le suivant un complément circonstanciel… Ainsi, on obtenait des phrases fantaisistes, drôles, surréalistes.

Vous comprendrez donc que lorsque le Taulier  m’a remis un livre de recettes intitulé Canard exquis de Pierre-Emmanuel Rastouin (photographe) et Philippe Boé (Texte) j’ai tout de suite pensé que ce livre allait me régaler… mais j’ignorais à quel point.

Canard exquis aux Éditions Menufretin, éditeur gastronomique

Si les ingrédients sont des mots et le plat une phrase, la recette devient un conte et imaginez tous  les recueils culinaires possibles !

Je l’ai ouvert sans attendre et j’y ai découvert des épices à conjuguer avec le canard, des oxymores dans les origines convoquées, point de conditionnel ni d’impératif juste le souhait de la réussite.

Là, on nous offre un cœur, ici un cou, ou encore une langue…

Quand l’homme versus canard s’exprime, ça donne des recettes de malades !

Julien Duboué, photo de Pierre-Emmanuel Rastouin

Julien Duboué, photo de Pierre-Emmanuel Rastouin

Le curry de magret de canard au tamarin d’Inaki Aizpitarte

Le foie gras confit à la betterave de Julien Duboué

Les manchons de canard grillés façon tandoori, achard de tomate et yuzu d’Antoine Heerah

Les tapas de cous de canard et abricots à la plancha d’Alberto Herraïz

Le canard laqué pékinois et crêpes de riz de Philippe Labbé et Frank Xu ; l’un est chef exécutif l’autre chef du Shangry-La

Le bouillon de canard et foie gras combawa au basilic thaï de William Le deuil

Le pot-au-feu de cuisses de canard, genièvre de Houlle et chicorée de Jean-Marc Notelet

Puis, sur la der de couv je découvre que l’ouvrage est rédigé par Philippe Boé, journaliste gastronomique, co-auteur d’ouvrage culinaire, qui a eu le Prix Amunategui-Curnonsky en 2010 ! Ce livre devient alors une mise en abîme géniale. Du canard me voilà à la recherche d’un lien entre le nom que je porte et un prix de la gastronomie et du vin. L’histoire se poursuit.

Le prix tient son nom en parti d’un certain Francis Amunategui (lié par le sang à mon beau-père, une sorte de cousin au deuxième degré).

Au milieu des années 70, l’Association Professionnelle des Chroniqueurs et Informateurs de la Gastronomie et du Vin ayant eu la tristesse de perdre un de ses plus valeureux fondateurs, Francis Amunategui, dont le style et la pensée n’avaient d’égaux que l’appétit et une connaissance merveilleuse des choses de la table, elle songea à donner son nom à un prix qui récompenserait un chroniqueur ou un informateur de la  gastronomie et du vin.

En 1999, cette même association a associé à son prix le nom de Curnonsky, figure emblématique de  l’asso. Ainsi, depuis 1978, ce prix honore tantôt un nouveau venu au talent prometteur, tantôt un lauréat pour l’ensemble de son œuvre.

Apprenez aussi que Fancis fut membre de l’Académie des psychologues du goût et fut à l’initiative de la fameuse :

Andouillette A.A.A.A.A

Fondée de façon informelle sur l’impulsion de cinq chroniqueurs gastronomes amateurs de bonne charcuterie et tous amis.

Les coupables : Francis Amunatégui, l’initiateur, Robert J. Courtine, chroniqueur célèbre du quotidien Le Monde, sous le pseudonyme de La Reynière, Christian Guy, journaliste au quotidien l’Aurore, le lyonnais Henri Clos-Jouve et Paul de Montaignac.

Mes recherches me menèrent jusqu’à la récompense car au bout de la quête c’est une recette qui se livre :

LA CUISSE DE CANARD CONFITE FRANCIS AMUNATEGUI AUX POMMES FRITES

Issus de l’ouvrage de André Daguin Le Nouveau Cuisinier Gascon

Les cuisses de canard Francis Amunategui par Samia

Les cuisses de canard Francis Amunategui par Samia

Comme quoi, en déterrant les cadavres on ne tombe pas que sur un os !

  • La recette

Ingrédients pour 6 personnes :

– 6 cuisses de canard
– Huile d’arachide
– 6 belles tranches de foie gras ou mi-cuit en boîte
– 12 pommes de terre
– Sel

– Dégraisser le confit dans la vapeur du couscoussier, le redorer à la rôtissoire, puis le mettre au réfrigérateur.
– Pendant ce temps on peut préparer les frites. Avec la graisse récupérée du confit, avant de le mettre au couscoussier, mélangée au même volume d’huile d’arachide, on fera une friture à température douce, où l’on blanchira les bâtonnets de pommes de terre. On coupera ensuite une belle tranche de fois gras pas trop fine pour chaque cuisse confite. Puis on mettra la friture à plein feu.
– Le moment venu, on incisera chaque cuisse parallèlement à l’os pour y loger, sans les faire disparaître, les tranches de foie.
– La friture étant bien chaude, on y trempera les pommes de terre que l’on mettra dans un seul plat, au milieu de la table, les cuisses étant servies à l’assiette.

  • Et quand on s’appelle Samia Iommi-Amunategui, on la revisite un peu. Cuisine de 3 m2 oblige et absence de rôtissoire.
Pommes frites Francis Amunategui by Samia

Pommes frites Francis Amunategui by Samia

Dégraisser les cuisses à la vapeur pendant 1 heure. Enveloppez-les ensuite dans deux feuilles de papier d’alu avec une pincée de sel, de poivre et de romarin. Placez au four à 140 ° pendant 3 heures. Enlevez le papier d’alu et placez à nouveau au four à 140 ° pendant 15 à 20 minutes. Retirez les cuisses du plat et réservez. Laissez refroidir la graisse afin de la récupérer pour les pommes frittes. Dans une poêle, faîtes chauffer la graisse des cuisses de canard et de l’huile de tournesol, assez pour faire un bain pour les pomme-de-terre. Découpez en rondelles les pdt et faîtes frire. Poêlez des tranches de foie gras cru. Incisez chaque cuisse parallèlement à l’os pour y loger, sans les faire disparaître, les tranches de foie.

  • Et avec ça on boit un Cahors…

MAS DEL PÉRIÉ, Fabien Jouves, 4 cuvées au choix : Les Escures, La Roque, Les Acacias, La Pièce

De la puissance alliée à une fraicheur gourmande… on est bien.

Biblio  de Francis Amunategui dont L’Art des mets   1959, Gastronomiquement Vôtre ‘l’art D’accomoder Les Bêtes  1971

Mieux vaut boire du rouge que broyer du noir

Mieux vaut boire du rouge que broyer du noir

Mieux vaut boire du rouge que broyer du noir

Un livre de recette? Certainement pas !

Un adage qu’il faut s’approprier tout de suite maintenant, allez hop on s’exécute !

Quand le cuisinier raconte une histoire, quand chapitre après chapitre se construit une mémoire collective, quand la dédicace s’adresse à une, pardon, « sa » « chienne innocente qui aimait tant le gigot », enfin quand l’auteur s’appelle Benoist Rey… On s’installe à table, fourchette au poing !

Extrait de Mieux vaut boire du rouge que broyer du noir

Extrait de Mieux vaut boire du rouge que broyer du noir

Et qu’est-ce qu’on mange ?

Une tête de veau, « à manger si possible un 21 janvier, (date anniversaire de la décapitation du tyran), sur l’air de : “Ah, ça ira, ça ira… »

Les restes, pour farcir des tomates car « comme disait le poète : rien ne se perd, tout se transforme »

Un pot-au-feu aux légumes bien ficelés…

Cet homme-là nous raconte une histoire faite de curiosité, de souvenirs de la terre, de sa terre. Il nous parle d’hommes et de femmes autour de la table, devant les fourneaux, complètement siphonnés, toujours un peu toqués … Il est bien cet homme-là ! J’y trouve une cuisine incontournable, des recettes qui brillent de fantaisie… On ne s’ennuie pas avec Benoist ! Mieux vaut boire du rouge que broyer du noir… dans sa cuisine, dans son lit, dans le métro !

Préparez-vous à lire les souvenirs d’un homme qui « fait » sa cuisine depuis 40 ans et qui signe un pacte autobiogastronomique…  avec toutes les belles bouches gouteuses et savoureuses.

Si vous recherchez du sang, de la chair, du rouge, du blanc… Ouvrez la boîte!

Mieux vaut boire du rouge que broyer du noir de Benoist Rey aux Editions Libertaires 

On dit M!

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Une petite boîte qui ne connait pas la crise

 

Le bento ou l’art d’être nomade mais pas trop… voici le crédo.

C’est coloré, c’est raffiné et en plus ça peut être bon !

Mélanie Montagné alias Mademoiselle M propose aux éditions Tana un carnet de recettes inventives et sacrés. Elle bosse dur pour nous émerveiller et franchement moi j’ai acheté !

 

Et vous ? Vous dites M ?

Mes beaux bentos de Mélanie Montagné

Le blog de Mélanie